R.M. RILKE
Ce texte au début de cet ouvrage de H.G. GADAMER " Vérité et Méthode", Seuil, Paris, 1996 (p9) est comme une percée dévoilant un aspect de la profondeur de l'acte de vivre, acte de puissance...Avec comme questionnement en suspens : quelle est cette éternelle compagne de jeu ? Chacun pourrait y répondre selon les évènements, les perceptions qui le traversent et composent son expérience.
Texte original :
"Solang du Selbstgeworfenes fängst, ist alles Geschicklichkeit und lässlicher Gewinn - ;
erst wenn du plötzlich Fänger wirst des Balles, den eine ewige Mitspielerin dir zuwarf, deiner Mitte, in genau gekonntem Schwung, in einem jener Bögen aus Gottes grossen Brückenbau ; erst dann ist Fangen-können ein Vermögen, - nicht deines, einer Welt"
R.M. RILKE
Il est un verbe donc une action. Aimer c’est donc agir.
Agir, pour quoi ? pour qui ?
Pour soi et pour l’autre ?
Aimer l’autre comme on s’aime soi-même ?
Soi-même, c’est quoi ?
C’est aimer son corps, sa personnalité, ses désirs, ses plaisirs, ses valeurs.
Aimer l’autre, c’est la même chose.
Aimer son corps, sa personnalité, ses désirs, ses plaisirs et ses valeurs.
Il est nécessaire que les deux s’harmonisent pour qu’il y ait réciprocité.
Pour cela il est important de travailler chacune de ces choses pour que l’harmonie devienne éclatante.
Ce travail, c’est agir.
Et par cette action, j’aime.
Je veux donc aimer dans ce travail.
Je veux travailler dans ce sens pour aimer.
Aimer c’est toute une vie. C’est la vie pour l’autre à travers soi. C’est la vie de soi pour l’autre !
Avalanche,
Tu roules avec ta poudreuse,
Tu deviens comme pierre,
Tu emportes tout avec toi.
Tu resplendis de blancheur,
mais ton œuvre est sombre.
Sur ton chemin tu engloutis,
et tu fais ta demeure un lieu de ténèbre.
Avalanche
Tu es folle,
Criminelle,
Qui te résistera ?
Le Glissement
Vis,
Virage,
Viré,
Vis
Tant de mots,
mots pour des maux,
maux sans mots,
cent mots.
Vivre de mots,
vivre de maux,
maussades mots,
mot : vivre.
Vivre,
Combler le vide,
Vider,
Interstices sans couleur.
Revivre,
redéfinir,
recombler,
retour.
Tout glissement mène d’autres couleurs de vivre,
colorer les interstices entre le noir et blanc,
c’est le rôle des mots,
pour rendre la vie consistante.
Vis,
vire l’invivable
vide le creux,
creuse l’inconsistant.
Glisse pour vivre
Composée le 17 décembre 2007, Christian
enfantée par deux guerres mondiales, affiniée par l'affrontement avec la Mondialisation communiste, la grande idée de la guerre totale industrielle s'est perfectionnée. Elle mobilise des ressources gigantesques. Et sous le masque de la Démocratie généralisée, elle est devenue objet du business, dans la défense et l'expansion du libre marché planétaire..." ( Pierre Legendre, "Dominium Mundi - L'Empire du Management", Mille et une nuits, Mai 2007)
Peut-il en être autrement ? si oui, comment ? Ce qui pourrait paraître comme une évidence parce que faisant partie d'un formatage des consciences, me semble être au contraire du "poil à gratter" à la critique de notre désir de grandir, en tant qu'humain, humain qui aime, humain qui se relie et qui relie. Y-a-t-il une ébauche de réponse à ce questionnement. Je ne sais...
C’est le cas, me semble-t-il, du thème de la mort. La mort, tout le monde la côtoie de prêt ou de loin. Elle montre son visage sur tous les écrans de télévision. Elle fait entendre sa voix sur les ondes. Elle parcourt tant de récits, de livres, de bandes dessinées, qu’il est surprenant qu’elle soit si peu abordée, si peu scrutée au delà des frontières de sa portée philosophique, spirituelle même. Il semblerait que plus elle manifeste sa puissance et plus on tend à la nier.
Mais voilà que certains réagissent devant ce constat. Frédéric Lenoir et Jean-Philippe de Tonnac ont réuni 70 intellectuels de tout bord pour constituer une vaste Encyclopédie des savoirs et des croyances. Ce n’est pas une nouvelle Septante ( traduction grecque de l’Ancien Testament) mais elle a l’avantage de renouer contact avec la terreur des peuples, la mort.

« Cette encyclopédie a donc pour premier objectif de lancer un pavé dans la mare, de contribuer à un débat public sur les politiques de la mort, de rendre cette question moins taboue. Il s’agit aussi, et plus simplement, de répondre à un besoin individuel de connaissance, en faisant le point des savoirs et des croyances sur un thème qui traverse toutes les sociétés humaines. Or il n’existe à notre connaissance aucun ouvrage similaire, dans aucun pays. » ( Frédéric Lenoir, Le Monde du 5 novembre 2004).
Je crains, malgré la progression du savoir, qu’il y ait des malentendus mémorables, des trous de mémoire fabuleux. Il y a plus de 22 siècles que 70 personnages illustres et inconnus se sont réunis pour travailler sur un projet grandiose : ils ont traduit en grec une magnifique collection écrite en hébreux, de valeur encyclopédique. Cela a permis d’étendre sa diffusion. Cette encyclopédie retrouvée, transmise jusqu’à nos jours, contient des éléments précisant avec justesse la nature, la valeur de la mort. Elle va même plus loin. Tout en ayant posé son analyse, son diagnostic sur la mort, vous y trouverez aussi un antidote fabuleux contre ses effets productifs. Et comme le soulignait Frédéric Lenoir, si l’homme est sans doute le seul animal qui se sache mortel et qui se veuille immortel, je dirai qu’il lui est nécessaire de vivre son immortalité et d’enterrer sa mortalité.
N’hésitons donc pas, en ces temps complexes, d’insister sur ce point et de montrer que l’espérance post-mortem qui nous anime provient de cette volonté de puissance sujette à l’immortalité. La résurrection du Christ, pour la nommer, est un événement, une singularité extraordinaire et irremplaçable qui supplante et dépouille la mort. En tant que chrétien, je dirai que Dieu nous accorde de vivre cette résurrection comme Paul qui dit ce qui suit : « Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, …afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, …pour parvenir, si je puis, à la résurrection d’entre les morts. » (Phil : 8-11). Que Dieu nous l’accorde dans notre humanité et ceci, en son Fils bien aimé, parfaite volonté de puissance !
Christian PRADEL
Pour ceux qui ont la foi, elle est essentielle car elle détermine leur vision et concrètement leur avancée quotidienne. C'est cela qui est le moteur de leur vie. Si ce qu'ils vivent, ce qu'ils ressentent donc, ce qu'ils perçoivent, ce qu'ils décident n'est pas en harmonie avec le sens de leur vie, ils sont déstabilisés et ont besoin de retrouver un équilibre entre le sens de leur vie et ce qu'ils vivent. C'est une démarche morale exigente et parfois bloquante. Dieu est leur seul soutien, mais il est vécu que dans une méditation, une vie de prière, une vie interne et non en rapport avec le flux du monde. Il pose leur réflexion et assied leur paix à partir de la révélation qui leur est donnée par les Saintes Ecritures. Ils réfléchissent et décident en mettant en accord leur compréhension de ces textes avec les événements contemporains qui les submergent inévitablement.
Le flux du monde, actuel, en occident, cette socialité postmoderne repose sur le rôle de l'altérité au sein du "je" et, par voie de conséquence, au sein du social en son ensemble ( cf. "En quête de sens ou de lien ?"). Cela comporte "l'expérience affective d'être en rapport avec autrui et de s'y maintenir par la communication, c'est à dire d'un point de vue directement relationel"1. Par là, la posmodernité sort d'une logique de la représentation ( modernité et pré-modernité) pour entrer dans celle de la perception. Le discours des médias, à l'image d'un social qui n'a plus d'orientations précises, qui ne croit plus à des récits de références surplombants, n'a pas de finalités préétablies, mais exprime, au coup par coup, les passions, les affects, les sentiments vécus au jour le jour dans l'existence immédiate. Cela veut dire qu'il n'est pas facile pour un tel croyant de s'extirper de ce flux.
C'est ainsi qu'il y aura nécessité d'une exigence personnelle qui doit renforcer sa foi au sein du flux de ce monde pluricausaliste, polysémique, pluriel qui favorise la perception des choses en masse, et permet donc de comprendre ces masses ainsi que les mouvements divers qu'elles animent.
1. Francis Jacques, Différence et subjectivité, Paris , Aubier, 1982, p18
